Contenu principal

L’Allemagne a pris la présidence du Conseil de l’UE dans une période très difficile, a souligné Angela Merkel dans son discours devant le Bundesrat. C’est une mission lourde de responsabilité dont elle dit se réjouir et à laquelle l’ensemble du gouvernement fédéral sera entièrement dédié. La chancelière a demandé le soutien et l’engagement des Länder pour cette tâche.

L’importance de la cohésion dans les moments décisifs

La chancelière s’était exprimée pour la dernière fois au Bundesrat en 2007, également à l’occasion du début de la présidence allemande du Conseil de l’UE. Elle a évoqué les crises que l’Europe a depuis surmontées : le rejet de la Constitution européenne peu avant 2007, la crise financière et la crise de la dette souveraine européenne à partir de 2008 et les grands mouvements de réfugiés en 2015. « L’Europe a réussi à faire face à ces défis du fait que les États membres de l’UE, les Länder, les régions et, surtout, les citoyens ont su rester soudés dans des moments décisifs. » Grâce à cette cohésion, l’Europe est aujourd’hui une garante de la paix, la liberté, la prospérité et la sécurité.

L’unification européenne est un grand cadeau du XXe siècle, « notre chance commune », a déclaré la chancelière. L’Europe doit néanmoins sans cesse se redéfinir et se développer. C’est ce qui a guidé l’UE dans ses négociations sur ses futures relations avec le Royaume-Uni. Angela Merkel a souligné à cet égard qu’elle continuerait de plaider en faveur d’une bonne solution. « Garantir la cohésion de l’Europe en vaut la peine, et je m’engage en ce sens. » La cohésion est plus que jamais nécessaire, selon elle.

La pandémie de Covid-19 : un test pour l’Europe

Angela Merkel a remercié les Länder d’avoir envoyé, durant la pandémie de Covid-19, un fort message de solidarité et d’amitié à leurs voisins européens, en accueillant par exemple des malades originaires de ces pays. « Ces signes de compassion montrent ce que nous pouvons accomplir dès lors que l’Europe reste soudée. »

Chaque Land a également pu nourrir le débat de ses expériences et préoccupations régionales. Cela peut être éprouvant et laborieux. « Et pourtant, j’ai la ferme conviction que c’est précisément cette diversité régionale au sein de l’unité fédérale qui est l’une des raisons décisives, voire la raison décisive, pour laquelle notre pays réussit toujours à relever les plus grands défis. » La Fédération et les Länder sont toujours parvenus à des solutions qui ont jusqu’ici freiné efficacement la pandémie.

Un plan de relance au service de toute l’Europe

La chancelière fédérale a également présenté le Fonds pour la relance qui sera discuté par les chefs d’État et de gouvernement lors du prochain Conseil européen prévu pour la mi-juillet. L’objectif est de parvenir au plus vite à un accord. L’accent est mis sur les pays et les régions les plus touchés économiquement par la pandémie. « Ce plan sert l’Europe dans son ensemble et ce, au-delà de la crise », a affirmé Angela Merkel. En effet, seule une Europe forte et unie sur les plans économique et social peut défendre ses valeurs et ses intérêts dans le monde.

Trois défis

La chancelière a cité trois domaines qui seront au cœur de la présidence allemande du Conseil de l’UE. Ces thèmes, décisifs pour l’avenir de l’Europe, doivent être traités et ce, indépendamment de la pandémie.

  • Premièrement, la protection du climat : l’Europe doit rester moteur dans ce domaine. La stratégie du pacte vert pour l’Europe (Green Deal) de la Commission européenne en constitue une ligne directrice importante.
  • Deuxièmement, l’on souhaite continuer d’avancer dans la transformation numérique de l’économie et de la société. La souveraineté de l’Europe est décisive dans ce domaine pour faire face à la concurrence internationale
  • Troisièmement, l’Europe doit prendre une plus grande responsabilité mondiale. Le climat politique s’est durci. Tout particulièrement en ces périodes de pandémie, les conflits frappent les plus pauvres et les plus faibles dans les régions. C’est pourquoi l’Afrique sera un grand axe de la politique étrangère. Un sommet UE-UA est prévu en octobre.

Une autre priorité

La Chine constitue une autre priorité, même si le sommet prévu à Leipzig a dû être reporté, a déclaré la chancelière. La Chine est à la fois un concurrent économique et un partenaire stratégique. Pour pouvoir efficacement défendre les intérêts européens face à la Chine, l’Europe doit se montrer unie et parler d’une seule voix, a souligné Angela Merkel.