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Le choc est encore récent et profond. L’explosion dévastatrice le 4 août à Beyrouth a causé la mort de plus de 150 personnes ; le nombre de blessés s’élève à plus de 6 000 et 300 000 personnes sont à la rue. Dans un télégramme de condoléances, la chancelière fédérale Angela Merkel a présenté ses « sincères condoléances » au premier ministre de la République libanaise, Hassan Diab : « Je vous prie de bien vouloir transmettre également mes condoléances et toute ma sympathie aux proches des victimes, ainsi que mes vœux de bon rétablissement aux survivants », a déclaré Angela Merkel.

Une membre du personnel de l’ambassade d’Allemagne a également trouvé la mort. Le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas a présenté ses sincères condoléances à ses proches, y compris au nom du gouvernement fédéral : « Nos pires craintes se sont confirmées. La disparition de notre collègue nous laisse dans un deuil profond. »

Une aide rapide est en cours d’acheminement

Heiko Maas et son homologue libanais se sont concertés sur des mesures d’urgence lors d’un entretien téléphonique. Pour le chef de la diplomatie allemande, une chose est claire : « Dans la détresse, nous nous associons à l’action. Les habitants de Beyrouth peuvent en être certains : nous ne les abandonnons pas à leur sort. »

Dans une première étape, l’Allemagne met à disposition du Liban 1,5 million d’euros d’aide immédiate pour des stations de premiers secours à Beyrouth et des biens médicaux afin de venir en aide aux blessés. Un avion de la Croix-Rouge allemande transportant des équipements de protection, des médicaments ainsi que des pansements a déjà atterri à Beyrouth.

50 forces d’intervention de l’Agence fédérale de secours technique sont d’ores et déjà arrivées dans la capitale libanaise afin de rechercher d’autres personnes ensevelies. Des médecins ainsi que des experts en produits dangereux de l’organisation humanitaire Isar Germany sont également sur place.  

La Bundeswehr a transporté en avion une équipe de reconnaissance médicale à Beyrouth. L’Airbus A310 MedEvac se tient prêt à intervenir à tout moment. La corvette « Ludwigshafen am Rhein », qui intervient normalement dans le cadre de la Mission FINUL, a elle aussi mis le cap sur Beyrouth afin d’apporter un soutien sur place.

La Commission européenne s’est engagée à verser plus de 33 millions d’euros d’aide d’urgence au Liban : financés par les États membres, ces fonds permettront notamment de fournir des équipements médicaux. En outre, l’UE a activé le « mécanisme de protection civile » et organisé de nombreuses équipes de sauvetage.

Dans une déclaration commune adressée le 6 août aux membres du Conseil européen, la présidente de la Commission de l’UE, Mme Ursula von der Leyen, et le président du Conseil de l’UE, M. Charles Michel, ont exprimé leur émotion et leur sympathie envers les victimes, les survivants et leurs familles, parmi lesquels on compte également des citoyens européens.

Ils ont également exprimé leur gratitude pour l’aide immédiate apportée par les États membres et leur ont demandé d’intensifier encore leur soutien au Liban. « Compte tenu des énormes besoins humanitaires et de reconstruction qui viennent d’apparaître, notre solidarité, ainsi que celle de l’ensemble de la communauté internationale, sera plus que jamais nécessaire. Nous avons un intérêt commun à agir maintenant pour limiter les répercussions de cette tragédie. »

Solidarité de l’UE

Charles Michel, président du Conseil européen, s’est rendu à Beyrouth le 8 août 2020 afin d’exprimer la solidarité de l’UE avec le peuple libanais. Il a rendu hommage aux équipes de secours et s’est dit ému par la bravoure du peuple libanais, frappé par cette tragédie dans un contexte déjà difficile. Il a également appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les causes de cette tragédie.

Charles Michel rend hommage aux équipes de secours dans le port de Beyrouth © European Union
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Lors de sa visite, durant laquelle il a rencontré le président du Liban, Michel Aoun, le président du Parlement, Nabih Berri, et le président du Conseil des ministres, Hassan Diab, Charles Michel a souligné l’importance de mettre en œuvre des réformes structurelles conformément au programme de réforme du gouvernement, aux engagements internationaux et à la volonté du peuple libanais. « Le peuple libanais peut compter sur l’Union européenne », a déclaré Charles Michel.

Conférence de donateurs pour le Liban

Le dimanche 9 août, des représentants de plus de 30 pays se sont réunis pour une conférence de donateurs afin de pouvoir faire parvenir une aide rapide au peuple libanais. Plus de 250 millions d’euros ont été ainsi collectés. Pour les mesures d’urgence en cours, 20 millions d’euros supplémentaires seront versés par le gouvernement allemand ainsi que 30 millions d’euros par la Commission européenne.

En amont de la conférence des donateurs pour le Liban, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré le 9 août :

Les habitants de Beyrouth ont besoin de notre aide et ils ont besoin d’espérer. Plus de 150 personnes sont mortes, plus de 6 000 autres ont été blessées, et 300 000 personnes sont à la rue. De tels chiffres nous laissent sans voix. La conférence de ce jour qui réunit les principaux partenaires et soutiens du Liban représente un signal important, en tout premier lieu pour celles et ceux qui sont directement touchés par la catastrophe. Ces jours derniers, nous avons déjà assisté à un grand élan de solidarité et à une volonté de soutien internationale. Je me réjouis de pouvoir promettre aujourd’hui, de la part du gouvernement fédéral, dix millions d’euros supplémentaires pour des mesures d’urgence.

Mais même après le déblayage des plus gros décombres, il reste beaucoup à faire. Avant la catastrophe, le Liban devait déjà relever d’immenses défis. Sans les réformes auxquelles il est urgent de procéder, il ne pourra y avoir ni changement durable ni stabilité dans le pays. C’est exactement cela que le peuple libanais réclame à juste titre : il faut surmonter les intérêts particuliers et les vieilles lignes de conflit et se préoccuper avant toute autre chose du bien-être de tous les Libanais.

Si la destruction et la tristesse sont actuellement au premier plan, la catastrophe peut quand même être l’occasion de prendre un nouveau départ. Dès aujourd’hui et sans attendre à demain. La population ne pourra reprendre confiance que si le gouvernement assume ses responsabilités, agit de manière transparente et éclaircit ce qui a causé l’explosion. En tant qu’amis et partenaires, nous devons contribuer à jeter les bases d’un État fort qui offre à ses citoyens des droits démocratiques, des libertés et des possibilités de participation. Et également à mettre en place un ordre social qui tienne compte des désirs et des demandes de la population.