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Budget de l’UE : engagement en faveur de l’état de droit

« Je suis très soulagée, et cela m’ôte un poids, que nous ayons vraiment réussi, dans un effort commun, à transmettre au Parlement le budget ainsi que le fonds de relance avec le mécanisme de conditionnalité. Ce fut un travail titanesque », a souligné la chancelière lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil.

Pour la première fois, le respect de l’état de droit et un mécanisme de protection du budget sont ancrés dans le nouveau cadre financier pluriannuel. En cas de violations, la Commission européenne peut présenter des propositions de mesures concrètes, lesquelles doivent être approuvées par le Conseil à la majorité qualifiée. Auparavant, la Pologne et la Hongrie ne voulaient pas approuver ces nouvelles règles.

Accord à l’unanimité : réduire de 55 % les émissions d’ici 2030

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont également convenu à l’unanimité, au petit matin, d’un objectif climatique plus strict pour les dix prochaines années. D’ici 2030, les émissions de gaz à effet de serre devront avoir diminué d’au moins 55 % par rapport à 1990. L’objectif actuel est une réduction de 40 %. La Commission européenne avait déjà proposé ce nouvel objectif climatique.

La chancelière s’est montrée satisfaite de ce qui a été réalisé. Que l’on ait pu s’accorder, un jour avant le sommet de l’ONU sur la politique climatique, sur un objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre est selon la chancelière « un résultat très, très important », a-t-elle déclaré vendredi, à l’issue du Conseil européen. « Nous n’avons donc pas passé une nuit blanche en vain », a-t-elle ajouté. L’objectif final de l’UE doit encore être négocié avec le Parlement européen.

Ensemble contre la pandémie

Lors du premier jour du sommet, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont également évoqué la situation actuelle de la pandémie de coronavirus SARS-CoV-2 en Europe. Au cœur des discussions figuraient les efforts conjoints de coordination, notamment pour ce qui est des possibilités de vaccination et de test.

Du point de vue de la chancelière fédérale, la Commission européenne a contribué à mieux coordonner l’action commune dans le contexte de la pandémie de Covid-19. C’est pourquoi elle a plaidé pour un renforcement de l’UE sur les questions de santé : « Nous devrions travailler à une Union européenne de la santé. »

Relations avec la Turquie

Les chefs d’État et de gouvernement se sont également intéressés à plusieurs thèmes de politique étrangère. La situation en Méditerranée orientale et les relations avec la Turquie ont fait l’objet des discussions les plus intenses. Le Conseil a accepté de placer les personnes responsables et les entreprises concernées sur la liste des sanctions de l’UE. En outre, le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a été invité à présenter d’ici mars un rapport et des options quant à la marche à suivre. La chancelière fédérale Angela Merkel a souligné que, durant la présidence allemande du Conseil de l’UE, elle aurait souhaité « façonner de manière plus constructive les relations avec la Turquie ». « Nous continuerons néanmoins de lui tendre la main », a-t-elle ajouté.

Contenus illégaux en ligne

Les chefs d’État et de gouvernement se sont intéressés à d’autres thèmes de politique étrangère : le vingt-cinquième anniversaire du processus de Barcelone a offert au Conseil européen une occasion de débattre de la question stratégique du voisinage méridional. Le Conseil a annoncé qu’il élaborerait un nouveau programme pour la Méditerranée.

Les futures relations avec les États-Unis après les élections américaines étaient également à l’ordre du jour. Par ailleurs, il a été décidé que l’UE prolongerait ses sanctions contre la Russie pour six mois supplémentaires.

Le Conseil européen s’est aussi penché sur les questions de sécurité, et notamment sur le combat mené contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il estime qu’il est capital d’agir contre les contenus illégaux en ligne. 

Un sommet de la zone euro s’est également tenu en « format inclusif », autrement dit en présence des 27 États membres de l’UE. Les chefs d’État et de gouvernement ont discuté en particulier de l’union bancaire et de l’union des marchés des capitaux.

Bientôt la fin de la présidence allemande du Conseil de l’UE

Une conférence de presse commune a été organisée à l’issue du sommet, comme le veut la tradition lors du dernier Conseil européen régulier d’une présidence donnée du Conseil de l’UE. La chancelière fédérale a remercié le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen : « Nous avons formé une bonne équipe afin de relever les grands défis inscrits à l’ordre du jour de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne. »

Le Portugal prend la présidence tournante du Conseil de l’UE à partir du 1er janvier 2021. Angela Merkel a adressé tous ses vœux de réussite à António Costa. « Nous avons laissé un peu de travail à nos successeurs », a-t-elle dit, ajoutant : « Je peux vous dire que nous avons eu plaisir à travailler lors de cette présidence du Conseil, même si une grande partie de ce que nous avions prévu n’a pas pu être mise en œuvre. » L’Allemagne aurait aimé accueillir un sommet UE-Chine par exemple. « Mais cela ne veut pas dire que nous n’ayons rien eu à faire ; la pandémie de Covid-19 a exigé un travail acharné », a souligné la chancelière.