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Les dernières semaines de la présidence allemande suivent un rythme soutenu car plusieurs grandes questions restent à traiter avant la fin de l’année. Après une assez longue phase de réunions virtuelles, le haut représentant Josep Borrell a invité aujourd’hui les ministres des Affaires étrangères de l’UE à une réunion physique à Bruxelles. À l’ordre du jour figurent, entre autres, les relations transatlantiques et un échange sur le concept d’« autonomie stratégique ». En adoptant un régime de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme, l’Allemagne et ses partenaires européens souhaitent en outre renforcer le rôle que joue l’Union européenne dans ce domaine à l’échelle mondiale. Le haut représentant informera aussi sur les questions d’actualité internationales, notamment la situation politique en Géorgie après les récentes élections, les relations entre l’Union européenne et la Turquie, la réponse de l’UE aux élections législatives du 6 décembre au Venezuela.

Un nouvel instrument politique contre les plus graves violations des droits de l’homme

Après près de deux ans de négociations, l’adoption du régime de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme est inscrite au programme de cette réunion. L’UE disposera ainsi d’un instrument important lui permettant de réagir contre les plus graves violations des droits de l’homme telles que la torture, l’esclavage ou la violence sexuelle systématique. Cet instrument prévoit l’application de mesures restrictives comme l’interdiction d’entrée ou le gel du patrimoine ; il pourra être utilisé aussi bien à l’encontre d’acteurs étatiques que non étatiques et s’appliquera dans tous les États membres de l’UE. Heiko Maas et ses collègues européens soulignent ainsi ceci : en cas de graves violations des droits de l’homme, l’UE ne reste pas sans rien faire, les auteurs auront un prix à payer. Le régime est introduit dans un premier temps pour une durée de trois ans, les décisions seront prises à l’unanimité.

Renforcer les relations transatlantiques 

Un nouveau départ avec les États-Unis : en lien avec l’investiture de Joe Biden, le haut représentant de l’UE et les ministres des Affaires étrangères de l’UE auront aujourd’hui un échange de vues sur le positionnement stratégique de l’UE. Pour le gouvernement fédéral, il est clair que les nominations décidées jusqu’ici par Joe Biden dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité doivent être interprétées comme une proposition de réactiver l’étroit partenariat transatlantique, qui néanmoins s’associe à des attentes claires à l’endroit de l’Europe. À ce propos, Heiko Maas a esquissé avec son homologue français Jean-Yves Le Drian de premières idées sur ce à quoi pourrait ressembler une nouvelle coopération dans les domaines de l’économie, du commerce et de la politique de sécurité et de défense. Le Conseil des affaires étrangères se penchera sur ces questions et sur d’autres aspects de la coopération transatlantique. Pendant sa présidence allemande du Conseil de l’Union européenne, l’Allemagne s’est engagée pour renforcer la capacité d’action européenne. Car c’est le seul moyen pour l’UE de formuler des offres claires à l’intention des États-Unis et de se montrer un partenaire indépendant et fiable. Dans ce contexte, les participants s’interrogeront également sur les domaines dans lesquels l’UE peut renforcer son autonomie stratégique. 

Les ministres examineront également la situation qui règne actuellement à Hong Kong, de même que la mise en œuvre des conclusions adoptées à ce sujet par le Conseil le 28 juillet 2020.