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La chancelière fédérale Angela Merkel a déclaré que les droits fondamentaux étaient sa principale priorité pour la présidence allemande du Conseil de l’UE. L’Europe a surmonté des crises parce qu’en fin de compte, tout le monde était conscient de ce qui était essentiel : les droits fondamentaux et la cohésion. « Ces droits sont valables pour tous. Ils ne s’appliquent pas aux uns plus qu’aux autres. Pas toujours aux uns et parfois seulement aux autres. Ils sont valables. »Mercredi, dans son discours devant le Parlement européen à Bruxelles, la chancelière fédérale Angela Merkel a présenté les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’UE. Le 1er juillet, l’Allemagne a pris pour six mois la présidence du Conseil de l’Union européenne, sous le slogan « Tous ensemble pour relancer l’Europe ».

Cohésion et solidarité européenne

La chancelière a cité la cohésion comme deuxième grand thème de la présidence du Conseil. Cependant, a-t-elle précisé, la solidarité européenne n’est pas seulement une attitude altruiste, mais un investissement durable, qui profitera à tous. C’est pourquoi Mme Merkel a lancé un appel pour qu’un accord soit trouvé d’ici la fin de l’été sur les questions financières de l’UE. Elle a dit se réjouir que la proposition de la Commission européenne concernant le budget de l’UE prenne en compte de nombreux aspects du fonds de relance pour l’Europe après la pandémie.
La chancelière avait proposé le fonds de relance de 500 milliards d’euros avec le président français Emmanuel Macron. Toutefois, elle a également souligné que si la solidarité avec les régions particulièrement touchées par la crise est dans l’intérêt de tous, il est également important de veiller à ne pas faire porter un fardeau excessif aux pays économiquement les plus forts.

L’Europe doit être pionnière en matière de protection du climat

S’il est clair que la gestion de la pandémie et de ses conséquences sera au cœur de la présidence allemande du Conseil de l’UE, il ne faut pas perdre de vue les autres défis, selon la chancelière. En ce qui concerne le changement climatique, Mme Merkel a évoqué le programme de protection du climat présenté par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en décembre dernier, précisant qu’elle était également convaincue qu’une solution mondiale au changement climatique n’était possible que si l’Europe jouait un rôle de premier plan dans la protection du climat.
Mme Merkel a déclaré qu’il lui tenait à cœur de fixer juridiquement la neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050. Elle se félicite donc des mesures intermédiaires envisagées par la Commission européenne afin de réduire, d’ici 2030, les émissions de 50 à 55 % par rapport à 1990. « Dans cette perspective, nous accompagnerons également les travaux en vue d’une loi européenne sur le climat », a-t-elle promis.

La transformation numérique est nécessaire pour la société

La chancelière a également évoqué le défi majeur que représente la transformation numérique. Celle-ci exige « que nous changions de manière durable notre façon de vivre et de gérer l’économie ». Cela suscite de la peur chez de nombreuses personnes. Néanmoins, a-t-elle insisté, il s’agit « d’une transformation nécessaire de notre société qui offrira plus de protection et plus de durabilité à long terme ».
Mme Merkel a évoqué les menaces auxquelles est confrontée la démocratie, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19 : « Nous ne pouvons pas lutter contre la pandémie avec des mensonges et de la désinformation, pas plus qu’avec de la haine et du dénigrement », a-t-elle dit. La vérité et la transparence sont nécessaires à la démocratie. « C’est ce qui distingue l’Europe, et c’est ce que l’Allemagne défendra pendant sa présidence. »

La responsabilité de l’Europe dans un monde globalisé

Enfin, la chancelière a abordé le rôle de l’Europe dans le monde. « Nous vivons une époque de bouleversements mondiaux où les champs de puissance se déplacent. » L’Europe, si impliquée soit-elle dans l’alliance transatlantique, doit aujourd’hui davantage compter sur elle-même. Ce qui importe maintenant, c’est de savoir « si nous voulons une Europe qui préserve sa liberté et son identité à l’ère de la mondialisation ». Dans ce contexte, une politique étrangère et de sécurité forte est indispensable.
Outre les négociations sur les futures relations avec le Royaume-Uni, des progrès doivent être réalisés dans d’autres domaines de la politique étrangère : la conférence d’adhésion avec la Macédoine du Nord et, éventuellement, l’Albanie, les relations avec l’Afrique et l’Union africaine, et la politique de migration et d’asile. Les relations stratégiques avec la Chine sont également d’une grande importance.

Conférence sur l’avenir de l’Europe

Pendant la présidence allemande du Conseil, il est également prévu de poursuivre les délibérations sur le maintien ou non du principe de l’unanimité pour les questions de politique étrangère et de sécurité. « Nous devrions également tenir ce débat – auquel vous avez contribué de nombreuses idées par le biais de vos résolutions – dans le contexte d’une conférence sur l’avenir de l’Europe telle que l’a proposée la Commission européenne l’année dernière », a déclaré la chancelière.
Pour terminer, Mme Merkel a rappelé le souvenir du compositeur de l’hymne européen, Ludwig van Beethoven. La 9e symphonie, a-t-elle confié, la comble à chaque fois. La chancelière a exprimé le souhait que le message de cette musique, l’idée de la fraternité et de l’harmonie, guide l’Europe : « Quel message pourrait être plus approprié que celui que cette Europe est capable de grandes choses si nous sommes unis et solidaires ? »